Si entrer dans un pub de la côte belge à 3 heures de l'après-midi avec un "bonjour" bien français et deux appareils photo devait se faire tout naturellement, vous ne seriez pas entrain de lire ce blog.
D'abord, on vous dévisage.
Peut-être parce qu'on vous observait déjà de loin, vous qui fouliez le sable chargé d'humidité, prenant on-ne-sait-quoi en photo.
Vous perturbez les habitudes tranquilles des "permanents" de la côte, eux qui ne voient même plus ces géants de fer bruyants à l'horizon... (bande son)
Ensuite, on vous parle dans une langue que ne vous ne connaissez pas, même si on comprend très bien votre français. Ce n'est pas faute d'avoir tenté d'apprendre, mais vous reconnaissez être perdu entre les différentes formulations et accents déjà entendus.
Et puis d'abord, vous êtes plongés dans vos pensées à rassembler les souvenirs nécessaires au chargement d'un film pour votre boîte noire cubique...
Soulagement, votre acolyte revient de sa petite expédition carrée dans les dunes. Bon alors, ce film, il va se charger plus facilement sous un regard clément ! Presque... Le temps d'échanger quelques mots muets, se rappeler que la nuit tombe dans moins d'une heure et que 30 kilomètres vous séparent d'un hypothétique hôtel... Vous touchez du pied la partie sauvage des dunes avant de regagner votre véhicule.


Le silence mat de l'habitacle vous réchauffe, votre copilote s'évade sous des paupières lourdes de sable et de figures immobiles. Oostende n'est plus si loin et la pluie s'acharne de nouveau. Ses tâches lumineuses, intermittentes comme autant de nappes indécises, meurtrissent les contours de vos souvenirs.